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L’autopartage : une réponse performante aux impératifs du Plan de mobilité
L'entreprise mobile

L’autopartage : une réponse performante aux impératifs du Plan de mobilité

La mise en place d’une flotte automobile mutualisée répond aussi bien aux obligations du plan de mobilité qu’aux impératifs de performances économiques des entreprises.

Selon l’article 51 de la Loi du 17 août 2015 relative à la Transition énergétique* pour la Croissance verte, toutes les entreprises de plus de 100 salariés sur un même site doivent avoir élaboré au 1er janvier 2018 un Plan de mobilité transmis à l’autorité organisatrice de la mobilité territorialement compétente. Ce plan conçu par l’entreprise a pour vocation d’inciter ses salariés à limiter l’usage de la voiture particulière que ce soit pour leurs trajets domicile/travail ou les déplacements professionnels… Si la loi est aujourd’hui uniquement incitative, il est fort à parier qu’elle aura prochainement un caractère obligatoire assorti de sanctions.

Les entreprises devraient s’en saisir pour mettre en place des dispositifs à la fois performants en termes de coûts pour l’entreprise et positifs pour la collectivité. Ainsi, si la promotion du vélo et l’encouragement à l’utilisation des transports en commun, la visioconférence ou encore le télétravail (qui permettent d’éviter les déplacements) sont des solutions plébiscitées, le partage de véhicules de service est un dispositif qui répond aux deux enjeux sus-cités.

L’autopartage, une solution simple…

Le dispositif de mutualisation de voitures de service, appelé autopartage, qui peut aussi s’envisager en inter-entreprises, est facile à mettre en place grâce notamment à des applications digitales de réservation en ligne.

En un simple clic, les collaborateurs réservent un véhicule. En un coup d’œil, le gestionnaire dispose d’informations précises sur les véhicules disponibles, leur localisation, la durée de réservation… Grâce à la géolocalisation, ce dernier peut également aider les collaborateurs à gérer leurs déplacements et les informer en temps réel de tout incident sur leur parcours. Les trajets sont optimisés (gain de temps pour les salariés, moindre coût en carburant…) et les risques routiers réduits.

…qui permet d’optimiser le budget flotte automobile.

Un parc partagé et optimisé est plus économique que la fourniture d’un véhicule de service par utilisateur. Par principe, l’investissement au kilomètre des véhicules partagés est moins élevé qu’un véhicule qui n’est utilisé que 2 fois par jour avec une personne. Même si le véhicule n’est partagé que par 2 personnes, l’entreprise est gagnante. De plus, une flotte réduite est synonyme d’économies sur les assurances, la location, l’entretien… Euklead a ainsi permis à une entreprise de 70 salariés et 15 véhicules répartis sur 6 sites de réaliser en 2016 grâce à l’autopartage plus de 45 % d’économies sur son budget flotte automobile.

On notera également que les flottes mutualisées sont une réelle opportunité au développement de l’utilisation de voitures électriques. Un plus dans la lutte environnementale. Aujourd’hui, les aides de l’Etat, les abattements de taxes, le faible coût de l’énergie, les évolutions technologiques des batteries et des bornes… font que les véhicules électriques s’imposent sur des lois de roulages inférieures à 5000 km par an. Au-delà, le relais passe aux hybrides mais à plus de 35 000 km / an, le diesel reste indétrônable, car moins fiscalisé que l’essence et bénéficiant d’une meilleure décote sur les gros kilométrages.. Mais pour combien de temps ? Attention cependant pour les véhicules électriques, puisque les bornes de recharge sont accessibles à tous, d’installer des répartiteurs de charges sous peine d’être taxé d’abus de biens sociaux !

Mais encore quelques freins

Si la démarche a de nombreux bienfaits pour la collectivité (diminution du trafic routier et des risques routiers coûteux en vie humaine notamment), pour le salarié (réduction de son budget automobile) et pour l’entreprise (optimisation du budget flotte), la mutualisation qui viserait notamment à substituer les voitures de fonction par des voitures de services partagées ne peut être appliquée uniformément au sein de l’entreprise. Les voitures de fonction (qui ne sont par essence pas partagées) sont un élément essentiel du contrat de travail et moins coûteuses pour l’entreprise qu’un surcroît de salaire compensatoire. Il faudra du temps et une autre révolution culturelle pour faire bouger les lignes.

Par ailleurs, la solution n’est envisageable que pour des métiers dont les mobilités sont mutualisables et les trajets courts ; les commerciaux sont de facto exclus du processus. Et bien entendu, les collaborateurs doivent accepter de partager leur mode de transport et changer leurs habitudes. C’est un changement de paradigme, de la possession à l’usage de mobilité, déjà en bon chemin avec le développement des solutions de covoiturage entre particuliers telles BlaBlaCar.

Il ne faut pas non plus minimiser l’impact financier que représente une telle démarche pour l’entreprise, que ce soit en termes de mise en place ou encore de suivi, voire de gestion des révisions, du nettoyage, des assurances, des sinistres… ; des tâches qui incombent généralement à un gestionnaire de flotte automobile interne ou à prestataire externe et qui résultent en autant de coûts induits pour l’entreprise.

Par Yann Guillaud et Patrice Leroy, Associés d’Euklead

* Article 51 de la Loi du 17 août 2015 relative à la Transition énergétique

 

 

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