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Le développement de la mobilité change les façons de travailler
L'entreprise mobile

Le développement de la mobilité change les façons de travailler

Longtemps exclu du vocabulaire des entreprises, le travailleur nomade, autrement appelé « mobile » a désormais le vent en poupe, au point parfois d’en devenir conventionnel. Une nouvelle tendance portée par différents éléments conjoncturels et en particulier par l’essor du digital et de la transformation numérique, l’évolution des méthodes de travail vers des missions en mode projet et, enfin, le désir croissant de mieux vivre et de diminuer les frictions entre vie professionnelle et vie personnelle. Mais pour vivre cette mobilité, encore faut-il que les entreprises fassent évoluer leurs espaces de travail et repensent leurs pratiques managériales.

« Les évolutions du digital et des technologies mobiles ont profondément modifié le rapport des salariés à leur lieu de travail, explique Philippe Burger, Associé Deloitte. Le salarié du XXIème siècle peut désormais travailler de n’importe où et n’importe quand. Domicile, cafés, cafétéria, bibliothèque, hall d’entreprise, transports en commun, tiers lieux… deviennent ainsi des espaces potentiels de travail, au même titre que le bureau traditionnel ». Ces modes de travail dits « nomades » ou en mobilité sont ainsi devenus une réalité. Selon une étude IFOP réalisée pour Le comptoir de la nouvelle entreprise Malakoff Médéric Humanis, le télétravail est désormais pratiqué par 29 % des salariés du secteur privé, contre 25 % en 2017.Une augmentation qui s’explique en grande partie par la progression du télétravail contractuel, en hausse de 50 % par rapport à 2017. « Un plébiscite peu étonnant, si l’on pense à tous les bénéfices qu’offre le nomadisme, à la fois en termes de productivité de l’entreprise et d’épanouissement des collaborateurs : flexibilité accrue, meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, diminution du temps de transport dans le cas du télétravail, fluidité des échanges, bien-être général, responsabilisation et autonomie des collaborateurs, amélioration de la marque employeur, etc., poursuit Philippe Burger. Le nomadisme est loin d’être un simple concept à la mode. Il représente un vrai levier de développement pour les entreprises».

Les atouts du travail en mobilité
Au-delà de l’ordonnance Macron qui a assouplit les conditions de mise en place du télétravail dans les entreprises, nombreuses sont en effet les raisons qui favorisent le télétravail, dont la conciliation vie privée/vie professionnelle des salariés (56 %) ; le fait de répondre à une attente des salariés pour les fidéliser (45 %, contre 32 % en 2017) ou encore l’évolution des modes de management (34 %). Chez les salariés, les motivations portent avant tout sur la réduction des temps de trajet (54 %), puis sur la flexibilité dans le travail (36 %) et le fait d’être plus efficaces dans leur travail (36 %). Une autre étude  réalisée par Polycom (spécialiste de la visioconférence) en 2017  dans 12 pays dont la France, montre d’ailleurs que la confiance et l’autonomie, laissées par le manager, participent à une meilleure productivité du collaborateur en télétravail. L’Observatoire du télétravail et de l’ergostressie (Obergo), abonde également dans le même sens : 86 % des sondés en 2018 constataient ainsi une augmentation de la productivité (77 % en 2012), et 84 % une augmentation de la qualité du travail produit (70 % en 2012). Enfin, moins stressés et moins fatigués, les salariés voient leur santé s’améliorer. À tel point que l’adoption du télétravail permettrait en moyenne de diminuer de 5,5 jours par an la durée d’arrêt maladie. C’est également moins de temps passé dans les transports en commun qui ne font pas toujours l’unanimité. 68 % des cadres parisiens par exemple considèrent leur temps de transport quotidien comme la première source d’insatisfaction (Cadremploi 2017).

Repenser les lieux de travail
S’il modifie profondément le rapport des individus au travail et leur façon d’exercer leur métier, le travail nomade met ainsi au défi le traditionnel bureau physique, héritage des Trente Glorieuses qui peine à reprendre son souffle. La généralisation de la pratique du télétravail et la possibilité d’exercer sa profession ailleurs qu’au bureau constituent un premier prisme au travers duquel la nécessité de concevoir des espaces de travail innovants s’esquisse. Le bureau a désormais sa part de responsabilité dans la fluidité des échanges, le bien-être et la créativité des salariés, la flexibilité de l’organisation et finalement, la productivité. « La mise en place du travail en mobilité, du télétravail ou du nomadisme demande néanmoins quelques aménagements des espaces et nécessite une étude en profondeur des pratiques de l’entreprise, de sa culture et de ses objectifs, précise pour sa part Laurence Monnet Vernier, responsable de l’entité Transformation des organisations et des talents chez Deloitte. Pour accompagner ces nouvelles pratiques, il est cependant nécessaire que les nouveaux espaces de travail proposés soient en phase avec la réalité des besoins de chaque collaborateur. L’innovation dans ces espaces de travail est certes importante mais ne doit pas pour autant être décorrélée des besoins au quotidien du collaborateur en termes par exemple d’échanges, de créativité mais aussi parfois d’isolement et de calme. L’entreprise doit être en mesure de leur proposer des espaces adaptés, éventuellement évolutifs en fonction des horaires de la journée ». Des préceptes que Deloitte s’est appliquée à elle-même lorsque la société a déménagé à La Défense.  « Nous avons expérimenté plusieurs espaces de travail avant de mettre en place des espaces flexibles, sans bureaux attitrés, ajoute Laurence Monnet Vernier. Chaque collaborateur, via l’application Jooxter, visualise les places disponibles dès son entrée dans la tour et peut réserver son bureau pour 1h ou pour la journée ».  La question de la modernisation des espaces de travail et du bien-être des collaborateurs est d’autant plus cruciale que, selon une étude de l’ESSEC, 93 % des Millennials n’envisageaient déjà pas, en 2015, de travailler dans un bureau classique. Or, ce seront justement les travailleurs de demain. Il faut donc réfléchir à des solutions pour leur proposer des bureaux attractifs qui leur donnent envie de travailler tout en respectant leurs propres aspirations.  

Du Flex Office…
Une tendance qui fait ainsi la part belle aux nouveaux espaces de travail comme le Flex Office, le Desk Sharing ou encore le Coworking qui d’ailleurs semblent recueillir tous les suffrages. D’après une étude d’Opinion Way publiée en mars 2016, 81 % des actifs français observaient déjà un impact positif des nouveaux modes de travail sur le bien-être en entreprise et sur la performance.

Bien qu’il fasse encore figure de pratique avant-gardiste, le Desk Sharing est apparu dès la fin des années 1990 dans les grandes sociétés de conseil : en effet, absents la plupart du temps des murs de l’entreprise, les consultants ne disposaient pas de bureau personnel. Une tendance portée à l’époque par la volonté des entreprises de rationaliser leurs coûts immobiliers mais également par l’évolution des modes de travail et la mobilité grandissante des collaborateurs dans l’entreprise. Le concept du Desk Sharing permet ainsi une meilleure circulation de l’information, favorise les échanges et la communication interne, renforce l’esprit d’équipe, la créativité et la transversalité, et encourage le travail collaboratif. Aujourd’hui, le Desk Sharing commence à être supplanté par le Flex Office. Le poste attitré sur le lieu de travail disparait et le collaborateur s’installe chaque jour avec son smartphone et son ordinateur portable là où il trouve de la place. Cette approche induit une nouvelle organisation des espaces. Chaque pièce est pensée et conçue pour un usage précis (concentration, discussion, relaxation) permettant aux collaborateurs de toujours travailler dans des conditions optimales. Avec le Flex Office, le bureau devient alors un lieu de vie à part entière au même titre que le domicile.

Aux espaces de Coworking
En dehors du bureau, ce sont plutôt les espaces de Coworking et autres bureaux partagés qui actuellement gagnent du terrain et profitent aux collaborateurs mobiles. Au-delà des services inhérents proposés aux coworkers, l’aménagement de l’espace de Coworking est un facteur clé. Généralement, ils intègrent des open spaces, des bureaux privatifs, des salles de réunion ainsi que des lieux de convivialité. Ils permettent ainsi d’accueillir des profils différents et complémentaires. Moderne par nature, un espace de coworking concentre des équipements technologiques dernier cri dans un décor à la fois professionnel et singulier. En cela, l’espace de Coworking est un tiers lieu à mi-chemin entre le bureau et le « chez soi ». Selon une étude Cushman & Wakefield, 700 espaces de Coworking existent actuellement en France. Paris reste en tête de peloton, mais la province n’est pas en reste et de nombreuses opportunités de croissance sont encore à saisir dans ces secteurs. L’étude met l’accent sur le fait que WeWork, géant américain, a servi de catalyseur et d’accélérateur en bousculant les acteurs immobiliers traditionnels en France (Nextdoor, Wellio, Blue Office, Multiburo, Regus / Spaces). « La France est d’ailleurs le deuxième pays au monde le mieux équipé en espace de Coworking », explique Gwen Rabier, Directeur du Salon Mobility for Business.

Faire évoluer les pratiques et le management
Enfin, mettre à disposition des espaces et des outils adaptés n’est cependant pas suffisant. « Dans une société très pilotée par les horaires et la présence, le développement du nomadisme suppose un changement de regard et de culture, poursuit Laurence Monnet Vernier. Le management doit davantage faire confiance aux collaborateurs, les responsabiliser et les rendre plus autonomes. Le lien avec l’entreprise doit être repensé. Il est également nécessaire d’accompagner les salariés dans leur appropriation des pratiques nomades qui bouleversent à la fois la notion de « bureau », mais aussi celle de « journée de travail », et peuvent parfois menacer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le nomadisme ou le télétravail nécessitent des ajustements en termes d’organisation du travail et de management sur lesquels les entreprises doivent donc impérativement se pencher ».


Le télétravail en quelques chiffres

  • 29 % des salariés télétravaillent en France contre 27 % en 2017.
  • 54 % des télétravailleurs le plébiscitent pour réduire le temps de trajet et 36 % pour la souplesse dans les horaires.
  • Sur les 29% de télétravailleurs, près de 8 sur 10 en sont satisfaits.
  •  83 % des managers qui encadrent des télétravailleurs y sont favorables.
  • Près de 9 télétravailleurs sur 10 estiment gagner en efficacité dans leur travail. Point de vue partagé par 67 % des managers qui encadrent les télétravailleurs ainsi que par les dirigeants : 79 % d’entre eux estiment que le télétravail permet un engagement accru et une plus grande productivité des équipes.
  • Plus productifs, les télétravailleurs gagneraient également en autonomie et en responsabilité pour 91 % des dirigeants et pour plus de 7 managers sur 10.

Source : Le comptoir de la nouvelle entreprise/Malakoff Médérik Humanis, 2019

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Anne Del Pozo collabore depuis près de 20 ans à différents magazines en qualité de journaliste. Elle y traite de sujets articulés essentiellement autour de la finance, des flottes automobiles, du voyage et du tourisme d'affaires ou encore des ressources humaines et du numérique. Anne del Pozo participe également à la rédaction de nombreux témoignages clients et de newsletters d'entreprise.